Métier de Tradition, Passion, Prestige

Quelques mots d'histoire...

Peu connu du grand public bien qu'ancestral, l'art de la tonnellerie est un monde de mystères où le temps et l'exigence deviennent un luxe.
Héritiers de 2000 ans de tradition, les tonneliers ont toujours pleinement participé à l'univers magique du vin, dont le développement a suivi celui des civilisations, devenant  un des symboles de leur raffinement.

 Les Gaulois déjà maitrisaient la fabrication des tonneaux qu'ils utilisaient pour la fameuse cervoise mais qu'ils projetaient aussi sur les armées romaines après les avoir emplis de poix.

Les tonneliers de France ont formé des corporations dés le IXème siècle. 
 En 1268, ils remettaient leurs statuts aux Hauts Jurés pour approbation, qui devaient être confirmés et complétés par Charles VII, Louis XIII et Louis XIV, ce dernier prenant en 1669 une ordonnance sur le statut des forêts, toujours en vigueur.

Aujourd'hui...

Le marché des adhérents de la Fédération des Tonneliers de France représente un chiffre d'affaires de plus de 390,9 M€ pour un volume de  592.300 fûts en 2015.  Une production exportée à plus de 64% vers principalement les États-Unis, l'Espagne, l'Australie et l'Italie. L'évolution du climat permet en effet de cultiver la vigne dans des régions de plus en plus septentrionales et le "Nouveau Monde" a considérablement développé ses vignobles. 

Les Tonneliers de France contribuent à l'élaboration des grands vins et spiritueux et travaillent pour cela en étroite collaboration avec les plus grands domaines, les meilleurs oenologues, s'adaptant à leurs exigences, par le choix des bois, par les chauffes, par tous ces secrets qui leur sont propres et font leur «style ». 

 Réunis (50 Tonnelleries membres) au sein de la Fédération des Tonneliers de France, présidée par Jean Luc SYLVAIN et organisée en différentes commissions (sociale, technique, merrain et communication), ils oeuvrent pour la pérennité de leur métier dans le maintien de la tradition. 

L'élevage du vin en fût est l'élevage noble. Le fût en bois de chêne est en effet capable de transcender, de magnifier en profondeur les qualités d'un grand vin, de révéler lentement la quintessence des arômes.

 Lentement, car le temps est un élément essentiel à cet univers: de la naissance du chêne au moment de la dégustation passent 200 ans, et en ce sens le temps devient un luxe. 

 Seulement 2% de la production mondiale de vin passe par un fût, soit la part la plus noble et la plus prestigieuse...

Notre métier... 

Le mystère du fût prend sa source dans la nature, puisque tout commence par la forêt. 
Dans les massifs forestiers les plus prestigieux vivent des arbres majestueux qui donneront le bois idéal: les puissants chênes centenaires éduqués en futaie, offrent un bois aux grains parfaits, aux couleurs dorées, qui révèleront lentement la quintessence des arômes des vins.  
De ces chênes proviennent les merrains qui vont sécher à l'air libre, aussi longtemps que nécessaire, pour devenir solides et résistants tout en conservant leur souplesse, et les préparer à l'épreuve du feu. 

Et c'est là qu'oeuvre tout le savoir-faire du tonnelier, héritier d'une longue tradition jamais abandonnée. Il va d'abord donner aux merrains transformés en douelles la longueur choisie (écourtage).  
Il va ensuite donner l'arrondi extérieur qui correspond à la circonférence du fût, creuser l'intérieur de la douelle pour lui donner la forme concave voulue, puis les tailler en fuseaux pour faciliter la jointure avant de les assembler (façonnage).
Les douelles seront alors mesurées et triées en fonction de leurs qualités pour définir leur place dans le fût.  

L'étape suivante consiste à ranger les douelles dans l'ordre de mise en place, debout à l'intérieur du cercle de montage, en alternant une douelle large avec une douelle étroite pour donner au fût un bon équilibre. 

 La chauffe au feu de bois intervient ensuite. Phase importante et spectaculaire dans la fabrication du fût, elle comporte deux étapes: le cintrage et la recuisson.  
En fonction des usages régionaux, le cintrage (la mise en forme du tonneau) peut se faire au feu, à la vapeur ou à l'eau bouillante. 

 La recuisson permet de fixer définitivement la forme des douelles et de libérer les composants aromatiques du chêne par la chaleur.
Tout l'art de la tonnellerie consiste alors à donner au fût les arômes souhaités par l'oenologue et parfaitement adaptés à toutes les particularités physicochimiques et gustatives des vins de garde: épices, vanille, pain grillé, noisette...

A l'issue de cette étape, le tonnelier monte et place les fonds du fût, retire les cercles de montage pour les remplacer par les cercles définitifs en feuillard, après avoir poncé et raboté l'ensemble des parois externes. Avant la livraison, le fût est éprouvé pour s'assurer de l'étanchéité et de l'absence de défaut.

Le fût peut alors recevoir le vin, qui s'enrichira des tanins et opérera une très lente oxygénation au travers des parois.